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La situation économique et géopolitique de la planète est devenue extraordinairement mouvante Le scénario d’une dépression économique ne peut plus être exclu. Les attaques terroristes contre la ville de Bombay le 26 novembre démontrent également que contrairement aux tentatives de prospectives du National Intelligence Council, organe des services de renseignement américain1, le terrorisme est et restera un mal persistant. Les tensions entre l’Europe et la Russie à propos de la Géorgie, les tensions entre le Pakistan et l’Inde suite aux attentats de Bombay ou encore les bourbiers irakien et afghan, pour ne prendre que ces cas précis, sont là pour rappeler que les possibilités de guerre régionale existent. Enfin, l’année 2008 aura été ponctuée par une résurgence des actes de piraterie rendant périlleux le transport maritime, alors même que celuici permet la réalisation de 90% des échanges mondiaux. Malgré cette situation, les entreprises n’ont d’autres choix, si elles ne veulent pas subir trop violemment les contrecoups de la crise, de continuer à marche forcée leur développement à l’international. On peut même imaginer que la survie de certains grands groupes les obligent à trouver des relais de croissance dans des zones instables. De même pour réduire leurs coûts ou simplement pour s’approvisionner en matières premières, elles sont conduites à s’implanter dans des contrées souvent hostiles. |
La violence et l’insécurité sont d’ailleurs telles que certaines sont obligées de renoncer. Rappelons qu’en juin 2008, la compagnie pétrolière anglonéerlandaise SHELL a été contrainte d’interrompre sa production sur un important puits offshore dans le sudest du Nigéria suite à des attaques répétées du Mend, principal groupe armé dans la région. Une fois cette observation faite, il paraît évident que la gestion des risques s’intègre de plus en plus dans la stratégie managériale des groupes. Le choix d’une telle stratégie d’ailleurs devient un argument auquel les actionnaires en quête de sécurité sont de plus en plus sensibles2. Les notions de sécurité et de stratégie deviennent donc par la force des choses consubstantielles. L’année 2008 à travers les affaires Kerviel, Caisses d’Epargne ou encore Lehman Brothers aura servi aumoins à démontrer la responsabilité des managements qui n’ont pas intégré cette donnée. Il ne fait plus aucun doute que de nombreux dirigeants sont conscients de cette réalité nouvelle. Ce n’est pas un hasard si certains groupes ont aussi renforcés substantiellement les moyens de leur département sécurité et risque, voire qu’ils ont créé un département sécurité (Lafarge, Thomson…). Aussi bien pour l’image de leur entreprise, pour leurs salariés, que pour la protection de leurs brevets, les entreprises ont des responsabilités nouvelles en la matière; elles ne peuvent plus avoir la naïveté de persister à penser que cet enjeu relève encore exclusivement de la responsabilité régalienne. |
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| 1 Source : DNI 2 Bernard Besson, JC. Besson, de l’intelligence des risques à la mission de protection. Paris, Ifie Editions 2008, p.76. |
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